Grand Paris Express

Gustave Roussy — escalateur et inox — Jacques Hamard

Deux stations, deux visions de l’architecture souterraine

Quand le métro devient musée. Le Grand Paris Express ne se contente pas de relier les banlieues parisiennes — il offre à chaque station une identité architecturale forte, confiée à des architectes de renom. J’ai exploré deux d’entre elles, radicalement opposées dans leur ambiance et leur vision de l’espace souterrain.

Gustave Roussy — Le vertige de l’inox

Descendre à Gustave Roussy, c’est plonger dans un puits sans fond. À 37 mètres sous Villejuif, la station de Dominique Perrault — lauréate du Prix Versailles 2025 — déploie ses escalators dans tous les sens, créant une sensation de vertige saisissante. L’inox poli miroir règne en maître : lisse, maillé, perforé, il démultiplie les reflets et les brillances jusqu’au vertige.

On ne sait plus vraiment où finit l’espace et où commencent les reflets. Les escalators se croisent, les niveaux s’empilent, la profondeur s’impose. C’est une architecture qui revendique sa puissance souterraine — elle n’essaie pas de faire oublier qu’on est sous terre. Au contraire, elle en fait une expérience à part entière.

Pour photographier Gustave Roussy, je me suis renseigné sur les heures creuses — tôt le matin en semaine, avant l’afflux des voyageurs. La lumière artificielle est omniprésente et constante, ce qui simplifie la prise de vue. Le vrai défi : trouver le cadrage qui rend compte de cette profondeur vertigineuse sans perdre le spectateur.

Saint-Denis Pleyel — La chaleur du bois

À quelques stations de là, Saint-Denis Pleyel propose une expérience radicalement différente. L’architecte japonais Kengo Kuma a fait un choix audacieux — le bois. Dans un espace souterrain dédié au transport en commun, ce matériau chaleureux et organique crée une atmosphère presque apaisante.

Là où Gustave Roussy impressionne par sa verticalité et ses reflets métalliques, Pleyel rassure par son organisation claire et sa lumière zénithale. On comprend immédiatement l’espace — les niveaux, les flux, les directions. C’est une architecture pensée pour l’humain autant que pour le transit.

Les escalators d’inox dialoguent avec les lamelles de bois dans une géométrie rigoureuse. La lumière naturelle descend généreusement depuis la verrière, créant des jeux d’ombre et de lumière que j’ai cherché à capturer sous différents angles. Comme pour Gustave Roussy, je suis arrivé tôt pour éviter la foule.

Deux visions, une même ambition

Ces deux stations incarnent parfaitement la philosophie du Grand Paris Express — confier chaque espace à un architecte différent pour créer un réseau qui soit aussi un parcours architectural. Gustave Roussy et Saint-Denis Pleyel sont à l’opposé l’une de l’autre dans leur ambiance, et pourtant toutes deux atteignent leur objectif : transformer un simple lieu de transit en expérience mémorable.

L’inox froid et vertigineux de Dominique Perrault contre le bois chaud et rassurant de Kengo Kuma — deux façons de répondre à la même question : comment sublimer l’architecture souterraine ?

La suite de la série

Le Grand Paris Express compte des dizaines de stations, toutes confiées à des architectes de renom. Cette série photographique ne fait que commencer — d’autres stations sont dans mon viseur pour les prochains mois. Suivez mon actualité sur Instagram et LinkedIn pour ne rien manquer.

Et si vous souhaitez découvrir l’ensemble de mon travail en photographie d’architecture, rendez-vous sur jacqueshamard.fr.