Oman – 4×4, tente et étoiles, de Mascate à Sur

Wadi à Oman par Jacques Hamard

Le principe : pas d’hôtel, pas d’itinéraire fixe

Pour ce voyage à Oman, on a fait simple. Un 4×4 loué à l’aéroport de Mascate. Une tente achetée sur place. Et une règle : chaque soir, un endroit différent pour dormir.

Pas d’hôtel réservé à l’avance, ni d’itinéraire figé. Juste une direction générale — de Mascate à Sur — et la liberté de s’arrêter où l’envie nous prenait.

C’est ainsi que ce voyage est devenu ce qu’il est : une succession de bivouacs improbables, de rencontres inattendues et de réveils mémorables. Notamment avec des chèvres curieuses ou des chameaux qui passaient trop près de la tente.

Photographiquement, ce mode de voyage est idéal pour être au contact direct avec ce magnifique pays et de ces habitants. On n’est pas derrière une vitre de bus touristique.

Mascate — La capitale entre mer et montagne

Mascate est une surprise. On s’attend à une capitale du Golfe comme les autres. On trouve autre chose — une ville à taille humaine, propre, silencieuse, coincée entre des montagnes ocres et la mer d’Oman.

Mais c’est le souk de Muttrah qui m’a le plus retenu photographiquement. Les épices, les encens, les visages des marchands — tout est là, concentré dans des ruelles couvertes.

Jebel Shams — Le Grand Canyon d’Oman

Le Jebel Shams est le point culminant d’Oman. On y accède justement en 4×4 — En effet, la piste qui monte vers le sommet est raide et caillouteuse. C’est précisément pour ce type de route qu’on a loué un 4×4.

En haut, le panorama est saisissant. Le canyon du Wadi Nakhr plonge à plus de 1000 mètres en contrebas. Les couleurs sont spectaculaires — l’ocre des rochers, le blanc des villages accrochés aux falaises, le bleu du ciel.

C’est également un endroit idéal pour bivouaquer. La nuit, la température chute brusquement. Le matin, la lumière rasante sur les falaises est extraordinaire photographiquement.

Nizwa — Le fort et le marché au bétail

Nizwa est l’ancienne capitale d’Oman. Elle mérite amplement le détour. Son fort est imposant — une tour ronde massive qui domine la palmeraie et les montagnes environnantes.

Mais c’est le marché au bétail du vendredi matin qui nous a le plus marqués. En effet, c’est une institution. Dès l’aube, les éleveurs arrivent de toute la région avec leurs chèvres, leurs moutons, leurs veaux. Le tout dans une ambiance bruyante, colorée, absolument vivante.

Les transactions se font à la main, à voix haute, avec une gestuelle précise. Les visages des éleveurs sont extraordinaires — burinés, concentrés, expressifs. C’est un terrain photographique rare. Peu de touristes s’y aventurent à cette heure-là.

En couleur, ce marché est une explosion de teintes — les robes des hommes, les pelages des animaux, la poussière orangée soulevée par les sabots.

Wahiba Sands — La nuit dans le désert

Le désert de Wahiba Sands est une incursion dans un autre monde. Les dunes sont hautes, orangées, presque irréelles. Le 4×4 y est indispensable pour s’y aventurer — c’est pourquoi, on dégonfle les pneus et on s’enfonce dans le sable.

La nuit dans le désert est, par ailleurs, un spectacle en soi. Pas un seul nuage. Pas une seule lumière artificielle. Les étoiles sont d’une densité qu’on ne voit jamais en ville. Le silence, lui, est total.

Au petit matin, les dunes changent de couleur à mesure que le soleil monte. Du rouge profond à l’orange vif. C’est précisément ce type de lumière qui rend le désert si photographique.

Le wadi — La nuit qu’on ne recommande pas

Les wadis sont des vallées encaissées creusées par les rivières. En saison sèche, ils sont à peu près praticables. Mais dormir dans un wadi, c’est une autre histoire.

On a tenté. On ne le referait pas. Non pas que l’endroit soit dangereux — mais les crues soudaines peuvent survenir sans prévenir, même par temps clair. Les locaux nous l’avaient pourtant dit.

Cela dit, les wadis sont d’une beauté saisissante. Les piscines naturelles d’un turquoise intense, les parois rocheuses qui plongent dans l’eau, la végétation luxuriante contrastant avec le désert environnant. C’est un paradoxe visuel typiquement omanais.

En couleur, les teintes des wadis sont spectaculaires — le bleu-vert de l’eau, l’ocre des rochers, le vert des palmiers. Tout s’oppose et tout se complète.

Sur — La nuit sur la plage

Sur est une ville côtière connue pour ses boutres — ces bateaux traditionnels en bois construits selon des techniques ancestrales. C’est également la ville qui marque la fin de notre itinéraire.

On a terminé le voyage comme on l’avait commencé : simplement. Une nuit sur la plage, la tente plantée face à la mer d’Oman. Le bruit des vagues en guise de réveil. Quelques chameaux en liberté qui se promenaient sur le sable au petit matin.

Ce que ce voyage m’a appris

Oman est un pays qui récompense ceux qui prennent le temps. Pas le temps des visites guidées ou des hôtels de luxe. Le temps de s’arrêter, de regarder, d’accepter ce qui vient.

Un feu de camp avec des inconnus dans le désert. Un marché au bétail à l’aube. Un réveil avec des chameaux autour de la tente. Ce sont ces moments-là qu’on ne trouve pas sur les applications de voyage.

Photographiquement, ce mode de voyage est également le plus fertile. On est disponible. On est présent. Les meilleures images arrivent ainsi quand on ne les cherche pas — quand on est simplement là, au bon endroit, au bon moment.

C’est finalement cette même disponibilité que j’essaie d’apporter à mes missions professionnelles à Paris. Être présent, observer, attendre la lumière juste. Que ce soit dans le désert d’Oman ou dans un bureau parisien.


N’hésitez par à me contacter…